Marie-Josée
GOUËZ-DAILEY
Marie photographie depuis qu’un petit Agfa est venu se glisser entre ses mains à l’âge de 11 ans. Le point de départ d’un rapport intime et constant à l’image, devenu son moyen d’expression privilégié. La street s’est imposée à elle sans étiquette ni préméditation — prolongement de sa curiosité, de son goût pour la marche, l’urbain et l’humain. Pour Marie, l’appareil photo est prétexte et passerelle. Comme le dit Susan Meiselas, qu’elle cite volontiers : « Un appareil photo est une excuse pour être quelque part où tu n’as rien à faire. » Une phrase qui résume bien sa démarche : observer, capter, sans intervenir. Photographier devient alors un acte méditatif et profondément vivant.
Marie cherche l’extraordinaire dans l’ordinaire : un geste singulier, une touche d’humour, un décalage. Elle aime jouer avec les couleurs, même si elle a commencé en noir et blanc, et accorde de l’importance à l’émotion ressentie au déclenchement brute et spontanée. Son travail à Singapour, où elle a vécu 18 ans, révèle la richesse invisible de la vie locale, peu connue, mais qui représente, pour elle, l’âme réelle de la ville. Elle sait que si le sujet la remarque, quelque chose se perd — la magie, l’énergie initiale.
Ses inspirations sont riches : elle admire la maîtrise des couleurs d’Alex Webb, Saul Leiter, Harry Gruyaert, ou la poésie de Vivian Maier et Helen Levitt. Revenue s’installer à Paris, elle voit la ville avec l’œil neuf de celle qui explore un terrain familier devenu étranger. Chaque rue devient un lieu de rencontre avec l’inattendu.